Chronique de Valeria Cutimanco Aldave | Plaisirs coupables: Ballets

Aujourd’hui, je vais écrire sur le spectacle Plaisirs Coupables: Ballets, qui a eu lieu le 16 février au Centre Culturel de l’Université de Sherbrooke. J’ai eu la chance d’assister à la générale et de demander quelques questions à la ballerine Cynthia Pigeon et au premier violon Élaine Marcil. Ce fut un après-midi extraordinaire puisque la musique classique et le ballet étaient ensemble sur scène!

Cynthia Pigeon est une ballerine expérimentée qui aime l’enseignement. Elle a fondé Les Ballets Classiques de Richmond et elle a jumelé ainsi ses deux passions. Elle aime surtout voir à quel point les élèves de tout âge sont intéressés à apprendre le ballet classique et qu’ils sont ouverts à apprendre de nouvelles choses, toujours dans le bonheur et sans stress. Depuis que Cynthia est toute petite, elle a toujours su qu’elle voulait devenir ballerine (c’était même écrit dans son journal d’école!). Elle m’a expliqué que ça prend plusieurs années avant de devenir ballerine professionnelle et que cela implique parfois de devoir quitter le nid familial. Elle m’a aussi confié que le ballet n’est pas toujours facile puisqu’on a mal partout et souvent, on n’obtient pas les premiers rôles, mais elle conseille aux personnes qui veulent devenir des danseurs professionnels de choisir une bonne école et de travailler très fort pour accomplir leurs rêves.

 

Élaine Marcil est le premier violon ou violon solo de l’Orchestre Symphonique de Sherbrooke. Elle a commencé à jouer cet instrument à l’âge de 7 ans. Elle a créé le Quatuor Claudel-Canimex qui aura bientôt 30 ans d’existence et qui a été toujours composé de quatre femmes. « Le répertoire est vraiment très beau pour un quatuor à cordes: c’est vraiment un dialogue à quatre personnes« . J’ai appris que souvent les grands compositeurs ont fait des quatuors à la fin de leur vie quand ils ont toute la maturité pour écrire et la connaissance des sons alors ce sont des œuvres très belles. Cette violoniste très réputée m’a expliqué que le premier violon est le dernier à rentrer sur la scène juste avant le chef d’orchestre, c’est elle qui donne un signe au premier hautbois pour accorder l’orchestre. Elle salue le public au nom de tous les musiciens. Quand il y a des solos de violon, c’est habituellement le premier violon qui joue. Le plus difficile selon elle, c’est de faire un solo et ensuite de retourner à l’orchestre comme un membre de la section, ça prend beaucoup de concentration de la part d’un musicien pour pouvoir alterner ces deux rôles.

Parlons du spectacle. L’Orchestre Symphonique de Sherbrooke sous la direction de Maestro Laforest nous a offert un concert comportant quelques-uns des plus beaux ballets de toute l’histoire. La première pièce, La nuit des Walpurgis de Charles Gounod était magnifique: le début me faisait penser à une marche militaire qui après quelques instants a cédé la place au calme avec une mélodie très douce et légère: un très beau contraste!

Ensuite, l’OSS nous a présenté le Carnaval des animaux : « Le Cygne » de Camille Saint-Saëns. J’ai beaucoup aimé que Cynthia Pigeon soit présente sur scène. Elle avait l’air très gracieuse, ses mouvements étaient souples comme un cygne qui nage. Quand j’ai entendu la mélodie du violoncelle, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un lac très calme. À la fin de cette pièce, le public a applaudi chaleureusement la danseuse et les musiciens.

L’OSS nous a aussi offert Le Lac des cygnes, op.20 de Tchaïkovski, une des mélodies les plus connues au ballet. J’aime particulièrement cette pièce, car ce sont les bois qui ont la mélodie, et un peu plus tard ce sont les cordes qui prennent la relève.

La dernière pièce avant l’entracte : Suite n°2 du Tricorne : « Danse Finale » de Manuel de Falla était tout simplement vive et entraînante: J’avais envie de danser. Maestro Laforest nous a raconté que Falla est un compositeur espagnol parmi les plus importants de son pays et il nous a dit d’être très attentifs, car beaucoup de choses allaient se passer avec les instruments, et il avait certainement raison!

Après l’entracte, l’orchestre nous a présenté Thaïs, « Méditation » de Jules Massenet. Les deux danseurs étaient sur la scène. C’était impressionnant de voir le danseur Nicolas Zemmour lever Cynthia Pigeon dans les airs et la faire tourner naturellement! Le public s’est levé pour applaudir cette prestation!

Ensuite, on a écouté deux mélodies très connues de Tchaïkovski : La Belle au bois dormant, op 66 : « Valse » et la Suite de Casse-Noisette, op 71a. Il y avait beaucoup de crescendo et de diminuendo dans la première de ces pièces, ainsi que des saltos de fort à doux. Dans la deuxième, le célesta était très présent et ça lui donnait une touche légère. Je pense que Maestro Laforest avait raison quand il a dit que même si le temps de Noël est déjà passé ce sera toujours un plaisir d’écouter Casse-Noisette.

Je dois avouer que la dernière pièce du concert a été une de mes préférées: la Suite n°2 de L’Oiseau de feu d’Igor Stravinski. De plus, Nicolas Zemmour était sur scène et on aurait dit qu’il interprétait une pièce de théâtre, car on pouvait comprendre ses gestes en parfaite synchronisation avec sa danse. Côté musique, au début, on a entendu un son fort et après, la trompette et quelques cuivres ont commencé à jouer très doux et à faire un crescendo tranquillement et puis … BOUM! Un autre son vif et le crescendo a continué. C’était une spirale de mélodies vibrantes! J’ai adoré les glissandos des trombones de l’orchestre. La façon dont le compositeur Stravinski joue avec les nuances d’une manière imprévisible m’a fasciné.

En conclusion, ce fut un spectacle inoubliable. Les musiciens ont tout donné pour que ce soit un concert mémorable et les danseurs nous ont captivés avec leur danse. À la sortie du spectacle, j’ai pu remarquer les visages de personnes de différents âges qui avaient l’air heureux, je pense qu’ils se souviendront toujours de cette magnifique présentation comme moi.

 

Je vous remercie, ceux et celles qui ont lu cette chronique et j’espère que vous l’avez appréciée!

Valeria Cutimanco Aldave

Sixième année

École du Sacré-Cœur

Sur la photo: Cynthia et Valeria
Annie Santarossa

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